Photo de Patrick Tomasso.

Joue avec les possibles de la vie.

L’art du roman, paru en 1986, est un essai dans lequel Milan Kundera révèle sa vision du roman. L’écrivain partage avec toi ses réflexions sur l’émergence des idées, sur le processus de création ainsi que sur l’incertitude inhérente à l’écriture. Découvre comment l’auteur a relevé les mêmes défis d’écriture que toi. Apprends de son expérience.

LEÇON D’ÉCRITURE 1 : LE ROMAN EST L’ART DE L’INCERTITUDE

« Le roman, c’est le territoire où personne n’est possesseur de la vérité, ni Anna ni Karénine, mais où tous ont le droit d’être compris, et Anna et Karénine. »

L'art du roman
Milan KUNDERA, 1986. L’art du roman. Folio Gallimard (Paris), 1995.

Milan Kundera dénonce la technique et les règles qui opèrent souvent à la place de l’écrivain : exposer un personnage, décrire un milieu, situer l’action dans le temps, remplir la vie des personnages avec des épisodes inutiles… Il veut débarrasser le roman de l’automatisme des techniques d’écriture. Il se dit plus sensible à la légèreté et au rêve qu’à la vraisemblance à tout prix.

Ainsi, Milan Kundera t’invite à te rapprocher physiquement, mentalement et spirituellement de tes personnages. Abandonne-toi à leurs questionnements intimes. Comme écrivain, tu n’as aucun contrôle sur ton premier jet. La seule sagesse est celle de l’incertitude. Mets-toi dans la peau de ton personnage, puis laisse-le te guider. Lis L’art du roman pour y parvenir.

Référence : Milan KUNDERA, 1986. L’art du roman. Folio Gallimard (Paris), 1995.

LEÇON D’ÉCRITURE 2 : L’ÉCRIVAIN PORTE EN LUI DE DEUX À CINQ THÈMES D’ÉCRITURE

Pour incarner tes personnages et écrire leur histoire, commence par reconnaître tes thèmes d’écriture. Ce sont tes interrogations existentielles, insufflées par tes expériences de vie. Tu les portes en toi.

« Depuis toujours, je construis mes romans sur deux niveaux : au premier niveau, je compose l’histoire romanesque ; au-dessus, je développe des thèmes. Là où le roman abandonne ses thèmes et se contente de raconter l’histoire, il devient plat. […]

Dans L’Insoutenable Légèreté de l’être, Tereza vit avec Tomas, mais son amour exige d’elle une mobilisation de toutes ses forces et, tout d’un coup, elle n’en peut plus, elle veut retourner en arrière, “en bas”, d’où elle est venue. Et je me demande : qu’est-ce qui se passe avec elle ? Et je trouve la réponse : elle est saisie d’un vertige. Le vertige est une des clés pour comprendre Tereza. Ce n’est pas la clé pour comprendre vous ou moi. Pourtant, et vous et moi nous connaissons cette sorte de vertige au moins comme notre possibilité, une des possibilités de l’existence. Il m’a fallu inventer Tereza, un “ego expérimental”, pour comprendre cette possibilité, pour comprendre le vertige. »

À la manière de Milan Kundera, qui s’interroge sur le vertige, nomme les questionnements qui t’habitent. Puis, imagine comment tes personnages y répondent. Et c’est la trame de ton livre que tu dessines.

Voici ce qu’a remarqué Valérie Ollier, écrivaine, en ateliers d’écriture : « Je pensais qu’il fallait choisir nos principaux thèmes d’écriture. D’une semaine à l’autre, je me rends compte que ces thèmes s’imposent à nous, en fonction de nos expériences, comme un trait qui est propre à chacun. »

Tu veux structurer ton projet d’écriture et tu as une question ? 

1 – Lis L’art du roman de Milan Kundera.

2 – Prends conscience de tes thèmes d’écriture grâce à cet exercice d’écriture. Approuvé en ateliers d’écriture, je le dois à Milan Kundera.

2 Comments:

    • Anna
    • mars 21, 2019
    • Reply

    J’aime écrire mais je ressens un stress de vouloir le travailler encore et encore
    Le stress qui amène une anxiété quand les éditeurs nous refuse.
    La dépense d’argent qui s’accumule aux prises des correcteurs. De fonds, des relectures.
    Une anxiété continuelle qui affecte la santé physique et mental
    Comment rester zen dans ce processus d’émotions fortes et souvent imprévisibles?

      • Sarah B.
      • mars 21, 2019
      • Reply

      Bonjour Anna. Merci pour ton commentaire. La création suscite en nous bien des émotions et il y a inévitablement des hauts et des bas. Le fait de reconnaître cette inévitable polarité et de nommer nos contradictions nous libère de la pression sociale de résultat et de performance, ce qui nous rend alors davantage disponibles pour créer de façon authentique (et amène des résultats inespérés).
      Dans cette optique, que dis-tu d’explorer dès maintenant ta peur et de la transformer en courage d’écrire ?
      La peur n’est pas inhérente au processus de création. En fait, elle en marque le début. La peur d’écrire, comme toute émotion, est un messager. Entends son message et elle se dissipe. Tu recouvres alors un sentiment de sécurité et te sens légitime d’écrire.

      • Nomme tout d’abord ta plus grande peur.
      Est-ce la peur d’écrire le plus mauvais des livres ? Ou la peur de ne jamais aller au bout de ton livre ? Est-ce la peur de publier ? Ou la peur de ne jamais publier ? Est-ce la peur que tes proches te critiquent et te rejettent ?
      • Imagine que ta peur se réalise.
      • Demande-toi : Et après, que se passe-t-il ?
      • Visualise la scène.
      • Note ce que tu vois, ce que tu ressens, ce que tu fais.
      Par exemple, tu pourrais craindre que tes proches te rejettent. Demande-toi : Et après, que se passe-t-il ?
      « Plus personne ne veut me parler. Je pleure, je pleure, je pleure. »
      • Pose-toi la question « Et après, que se passe-t-il ? » encore et encore, et ce, jusqu’à ce que les réponses ne te terrifient plus.
      • Recommence l’exercice pour chacune de tes peurs. Écris chaque idée venant à ton esprit. Écris le plus vite possible pour donner libre cours à ton intuition et à ton émotion. Écris, écris, écris pour lever les barrières qu’érige le mental entre toi et ton désir de créer.

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