19Juin

Photo de Patrick Tomasso.

Joue avec les possibles de la vie.

L’art du roman, paru en 1986, est un essai dans lequel Milan Kundera révèle sa vision du roman. L’écrivain partage avec toi ses réflexions sur l’émergence des idées, sur le processus de création ainsi que sur l’incertitude inhérente à l’écriture. Découvre comment l’auteur a relevé les mêmes défis d’écriture que toi. Apprends de son expérience.

LEÇON D’ÉCRITURE 1 : LE ROMAN EST L’ART DE L’INCERTITUDE

« Le roman, c’est le territoire où personne n’est possesseur de la vérité, ni Anna ni Karénine, mais où tous ont le droit d’être compris, et Anna et Karénine. »

L'art du roman
Milan KUNDERA, 1986. L’art du roman. Folio Gallimard (Paris), 1995.

Milan Kundera dénonce la technique et les conventions qui opèrent souvent à la place de l’écrivain : exposer un personnage, décrire un milieu, introduire l’action dans une situation historique, remplir le temps de la vie des personnages avec des épisodes inutiles. Il veut débarrasser le roman de l’automatisme des techniques d’écriture pour le rendre dense et en fluidifier la lecture. Il se dit plus sensible à la légèreté et au rêve qu’à la vraisemblance à tout prix.

Ainsi, Milan Kundera invite tous les écrivains à se rapprocher physiquement, mentalement et spirituellement de leurs personnages. Il faut accepter l’appel de l’écriture, ce tiraillement que tu ressens dans ton ventre, et t’abandonner à leurs questionnements intimes.

Retiens ceci : comme écrivain, tu n’as aucun contrôle sur ton premier jet. La seule sagesse est celle de l’incertitude. Mets-toi dans la peau de ton personnage, puis laisse-le te guider. LisL’art du roman pour y parvenir.

Référence : Milan KUNDERA, 1986. L’art du roman. Folio Gallimard (Paris), 1995.

LEÇON D’ÉCRITURE 2 : L’ÉCRIVAIN PORTE EN LUI DE DEUX À CINQ THÈMES D’ÉCRITURE

Pour incarner tes personnages et écrire leur histoire, commence par reconnaître tes thèmes d’écriture. Ce sont tes interrogations existentielles, insufflées par tes expériences de vie. Tu les portes en toi.

« Depuis toujours, je construis mes romans sur deux niveaux : au premier niveau, je compose l’histoire romanesque ; au-dessus, je développe des thèmes. Là où le roman abandonne ses thèmes et se contente de raconter l’histoire, il devient plat. […]

Dans L’Insoutenable Légèreté de l’être, Tereza vit avec Tomas, mais son amour exige d’elle une mobilisation de toutes ses forces et, tout d’un coup, elle n’en peut plus, elle veut retourner en arrière, “en bas”, d’où elle est venue. Et je me demande : qu’est-ce qui se passe avec elle ? Et je trouve la réponse : elle est saisie d’un vertige. Le vertige est une des clés pour comprendre Tereza. Ce n’est pas la clé pour comprendre vous ou moi. Pourtant, et vous et moi nous connaissons cette sorte de vertige au moins comme notre possibilité, une des possibilités de l’existence. Il m’a fallu inventer Tereza, un “ego expérimental”, pour comprendre cette possibilité, pour comprendre le vertige. »

À la manière de Milan Kundera, qui s’interroge sur le vertige, nomme les questionnements qui t’habitent. Puis, imagine comment tes personnages y répondent. Et c’est la trame de ton livre que tu dessines.

Voici ce qu’a remarqué Valérie Ollier, écrivaine, en ateliers d’écriture : « Je pensais qu’il fallait choisir nos principaux thèmes d’écriture. D’une semaine à l’autre, je me rends compte que ces thèmes s’imposent à nous, en fonction de nos expériences, comme un trait qui est propre à chacun. »

Tu veux structurer ton projet d’écriture et tu as une question ? 

1 – Lis L’art du roman de Milan Kundera.

2 – Prends conscience de tes thèmes d’écriture grâce à cet exercice d’écriture. Approuvé en ateliers d’écriture, je le dois à Milan Kundera.

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